Electre

L’Electre réécrit par Hugo von Hofmannsthal au XXème siècle est sans aucun doute un texte d’une puissance digne des tragédies grecques. Cependant, la mise en scène de Stanislas Norday au Théâtre de la colline à Paris peine à redonner à ce texte une dimension autre qu’une simple récitation de texte. Malgré les efforts (et le mérite) de la comédienne à faire vivre l’héroïne la tragédie prévue par les mythes, l’ensemble reste « faible » et décevant. Dommage, le texte méritait mieux (note 4/10).

Les Barbares de Gorki

Les Barbares, mis en scène par Eric Lacascade, vient de s’achever au théâtre de la Colline à Paris. Un texte à l’état brut qui, un siècle après avoir été écrit par un Gorki révolutionnaire dans une Russie en trouble (en 1905), n’a pas perdu de sa puissance. Pour n’avoir jamais lu Gorki auparavant, je comprends mieux pourquoi il est devenu un écrivain fétiche de l’URSS au point d’avoir sa ville natale, Nijni-Novgorod rebaptisée à son nom.
La mise en scène de Lacascade est tout simplement fabuleuse et épouse à merveille la puissance dramatique du texte. Bref, un Lacascadeà surveiller pour ses prochaines mises en scène. (note 10/10)

Oxygène, de l’air frais russe

La pièce de Ivan Viripaev, jeune auteur de la scène moscovite, raconte (en français) à travers un dialogue entre Sacha (fille moscovite moderne) et Sacha (garçon provincial impuissant) les dix commandements dans une atmosphère de début du XXI siècle: rythme techno, acteurs survoltés, mots (dés)engagés qui questionnent l’absurde et, dans un désordre insensé, semblent chercher l’essentiel.
Au Théâtre de la Cité Internationale à Paris jusqu’au 19 décembre, courez-y ! (note : 9/10)

Beckett en morceaux

Le Théâtre des Bouffes du Nord et Peter Brook renouent avec l’originalité avec des Fragments de Beckett à l’occasion du 100ème anniversaire du dramaturge. Des fragments « précieux qui reflètent avec humour et tendresse sa vision impitoyable de la condition humaine » (P. Brook). En 4 tableaux, Peter Brook nous offre un court mais passionnant concentré de Beckett.